L’Institut Goethe vu de l’intérieur

L’Institut Goethe à Paris, bien connu des germanophiles, a la réputation d'être une institution froide réservée à une élite. Reportage auprès de ceux qui y vivent au quotidien.

Un après-midi dans le 16ème arrondissement. Sur l’avenue d’Iéna, devant l’Institut Goethe, des passants arrivent pour voir une exposition de photos. D’autres sortent de leurs cours d’allemand. Hervé, un habitant du quartier, affirme : « si on aime la culture, on est bien servi dans ce quartier : on a le musée Guimet, le musée de la mode et bien sûr l’institut Goethe. Moi j’y vais de temps en temps, surtout pour les rencontres avec des réalisateurs ou des comédiens. Ca me donne envie de reprendre l’allemand… » 

Un institut plein de vie

Sous mes pieds, les dalles du hall de l’Institut résonnent. Une bonne odeur de cannelle flotte dans l’air. L’architecture est moderne, les fauteuils moelleux et des affiches aux couleurs vives présentent le programme pour les 25 ans d’amitié entre Paris et Berlin.

 

L'institut Goethe, un lieu où il fait bon vivre


Une classe de maternelle sort d’un spectacle qu’ils ont donné en allemand. Ils viennent d’une école germanophone du quartier. Le brouhaha de leurs voix se mêle aux sonneries répétées du téléphone de l’accueil. « La projection du 29 novembre ? Je suis désolée mais il n’y a plus de place », répète la réceptionniste, tantôt en allemand tantôt en français. Elle me sourit : « La semaine prochaine on organise un festival du cinéma gay et lesbien, les places partent vite ! »

Bretzels, Strudels et compagnie

Dans le hall on déguste des produits du « Stube ». Ce petit restaurant installé à l’Institut depuis fin octobre propose exclusivement des spécialités allemandes comme des strudels, de la limonade bio appelée « Bionade » ou des bretzels. Je me perds dans la contemplation des petits pots de crème fouettée chocolat-griottes.

 

Le Stube, un restaurant de spécialités allemandes à l’Institut Goethe.

Mélange franco-allemand

Sur un tableau noir, le mot allemand du jour : bretzel.  Marie, la serveuse, m’explique : « On a eu cette idée il y a quelques jours, ça permet aux visiteurs d’en apprendre plus sur la cuisine allemande. Et puis comme ça moi aussi je découvre des nouveaux mots! J’ai appris récemment des expressions autour du mot « bretzel » : « sich aufbretzeln » (se préparer avant de partir en soirée), ou « ich geb’ dir die Bretzeln » (j’t’en colle une)…  »

 

Marie, serveuse au Stube

Marie, 27 ans, travaille à l’Institut depuis mi-octobre. Elle a habité deux ans en Allemagne, à Fribourg.  Pour elle, l’Allemagne ce sont les dialectes. « A Fribourg, j’ai eu du mal à comprendre mon voisin, il parlait toujours le « badisch » !  J’ai postulé ici pour continuer à parler allemand. »

Lukas, un jeune Allemand, passe en coup de vent devant le restaurant. « Faut que je colle cette affiche, tu m’aides ? », me dit-il. Dans le cadre d’un volontariat international avec la Croix rouge, il fait un stage à l’Institut. Il a pris l’option français au bac et compte revenir en France pendant ses études. « Je m’occupe de la page Facebook et des événements culturels organisés le soir - c’est ce que je préfère ici ». Un bémol dans tout ça? « Pour moi, les films programmés ne sont pas très représentatifs du cinéma allemand. »

Lukas, un jeune stagiaire allemand

Au premier étage, je découvre l’atmosphère feutrée de la bibliothèque et sa moquette moelleuse. Là, on peut lire des livres, des BD et emprunter des films sur l’Allemagne. « Pour moi, explique Sabine, 48 ans, Allemande et professeur d’allemand en école d’ingénieur, ici c’est surtout une source d’informations fiable sur l’Allemagne. » Elle habite à Paris depuis 30 ans. « Je distribue régulièrement le programme de l’Institut à mes étudiants. Je leur recommande de venir ici car c’est un bon moyen d’en apprendre plus sur ce pays. »

Dans l’escalier, je croise Viktoria, elle aussi stagiaire. Elle a déjà passé un an à Paris en échange Erasmus, et s’occupe de la programmation culturelle, tant pour les expositions de photos que pour les festivals de théâtre. Pour elle, l’Institut Goethe, « c’est comme un morceau de mon paystoriplein c